Arequipa, la cité blanche

Après 10 heures de bus, nous arrivons à Arequipa, deuxième plus grande ville du Pérou, à 2400 m d’altitude, au pied du volcan Misti. L’objectif est de s’acclimater à l’altitude avant de rejoindre le canyon de Colca puis Cuzco qui dépassent les 3000 m d’altitude.

Nous découvrons la Plaza de Arma, magnifique où il y a beaucoup d’animation.

C’est d’ailleurs là que se tiennent traditionnellement les manifestations politiques. C’est très différent de chez nous puisque c’est très joyeux et cela ressemble plus à un carnaval traditionnel…

La ville est magnifique avec ses bâtiments d’époque et les montagnes au loin. La température est fraîche en début et fin de journée mais très agréable l’après midi et le ciel est toujours d’un magnifique bleu.

Le dimanche se tient un grand défilé pour fêter l’anniversaire de la ville. Les villages alentours sont descendus parés de leurs plus beaux atours et l’ambiance est très festive avec distribution de petits cadeaux et bonbons qui donnent un air de parade du tour de France…

Une des choses qui nous fait le plus plaisir depuis que nous sommes arrivés au Pérou est la qualité de la nourriture, comparé au Yucatan, où l’on mange peu de légumes. Nous comprenons la place de plus en plus importante que prend la gastronomie péruvienne sur la scène internationale. Nous nous régalons de soupes, de poulet, de plats de viande avec de délicieuses sauces et excellents légumes et évidemment de pommes de terres de mille façons car c’est le pays de la patate, on en compte des centaines de variété.

C’est au musée Sanctuario Andino que nous découvrons l’histoire de Juanita, la momie inca découverte en 1995. L’histoire est édifiante et témoigne des rituels et croyances incas. Cela a beaucoup interessé les garçons. En effet, apparemment, les enfants incas sacrifiés étaient des enfants choisis comme étant les plus « parfaits », souvent de la haute société, qui étaient pour cela préparés dans des « écoles spéciales ». Ci dessous l’histoire de Juanita décrite par Mario Vargas Llosa :

« Cette enfant a été sacrifiée à l’Apu (le dieu) Ampato, au sommet du volcan, afin d’ apaiser sa virulence et d’implorer la prospérité pour les colonies de peuplement incas de la région. Six heures exactement avant son exécution, on lui a donné à manger un plat de légumes frais. Une équipe de biologistes s’active à en retrouver la recette précise. Elle n’est morte ni égorgée, ni étouffée. C’est un habile coup de bâton à la tempe droite qui a mis fin à ses jours. « Si parfaitement exécuté qu’elle n’a pas dû ressentir la moindre douleur » m’a assuré le docteur José Antonio Chávez, qui a codirigé avec Reinhard une nouvelle expédition sur les volcans des environs. Ils y ont retrouvé les tombes de deux autres enfants, eux aussi sacrifiés à la voracité des Apus andins.

Après avoir été choisie comme victime propitiatoire, Juanita fut probablement entourée d’honneurs et promenée dans les Andes – peut être même conduite à Cuzco et présentée à l’Inca, avant de monter en procession rituelle, depuis la vallée du Colca, suivie de lamas richement parés, de musiciens et danseurs, et de centaines de dévots, le long de l’abrupt versant de l’Ampato, jusqu’au bord du cratère, où se trouvait la plate-forme des sacrifices. Juanita fut-elle en proie à la peur, à la panique, dans ces moments ultimes? A en juger par la sérénité absolue inscrite sur son délicat visage de momie, par la tranquille arrogance avec laquelle elle reçoit les regards de ses innombrables visiteurs, il semblerait que non. Peut-être a-t-elle accepté avec résignation, voire avec joie, cette formalité brutale de quelques courtes secondes qui la faisait passer, devenue elle même une déesse, dans le monde des dieux andins?

Elle fut enterrée somptueusement vêtue, la tête coiffée d’un arc-en-ciel de plumes tressées, le corps couvert de trois couches de robes en alpaga finement tissé, les pieds dans de légères sandales de cuir. Des broches d’argent, des timbales gravées, un pot de chicha, une écuelle de maïs, un petit lama de métal, ainsi que divers autres objets de culte ou domestiques – tous récupérés intacts – l’accompagnèrent dans son sommeil séculaire, près de la bouche du volcan. Jusqu’à cet accidentel réchauffement de la calotte glaciaire de l’Ampato qui fit fondre les parois protégeant son repos et la jeta, pour ainsi dire, dans les bras de John Reinhard et Miguel Zárate.

Et la voici maintenant dans une simple maisonnette de la paisible ville où je suis né – Arequipa, à l’orée d’une nouvelle étape de sa vie, qui durera peut être, elle aussi, cinq cents ans. Enfermée dans sa châsse électronique, préservée de l’anéantissement par un froid polaire, elle témoigne – tout dépend des lunettes que l’on chausse – de la richesse cérémonielle et des mystérieuses croyances d’une civilisation disparue, ou de l’infinie cruauté avec laquelle la stupidité conjurait (et conjure encore) ses peurs. »

(texte extrait de Mario Vargas Llosa, Dictionnaire amoureux de l’Amérique latine, Plon, 2005 – traduction d’Albert Bensoussan)

Image associée(Photo revistarumbos.lamula.pe )

L’autre principal attrait de la ville d’Arequipa est le Monastère de Santa Catalina, plus grand monastère au monde (20 000 m²), construit en 1580 et abritant près de 500 religieuses coupées du monde. L’architecture et les couleurs sont magnifiques, c’est une petite ville dans la ville. Les religieuses n’avaient aucun contact avec l’exterieur du couvent, qui n’a été ouvert au public qu’en 1970.

Après quelques jours à Arequipa que nous avons vraiment apprécié, nous laissons une grosse partie de nos bagages à l’auberge et prenons la route du Canyon de Colca…

8 commentaires sur “Arequipa, la cité blanche

  1. J’adore !!!!! C’est génial, les photos sont magnifiques alors en vrai cela doit être époustouflant,les commentaires sont également super intéressants.
    bon nous rentrons du Portugal ce jour encore une semaine de vacances pour moi et 2 pour Eric.
    Max nous montre les vidéos d’Arthur, bref on ne vous lâche pas !
    bises à tous les 4

    Aimé par 1 personne

  2. Nous allons être papy et mamie le 1er novembre.nous pensons bien à vous.profitez en bien.gros gros bisous.
    Mylene et Hervé

    J'aime

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